La guimbarde est composée de deux éléments. On distingue tout d'abord une armature, d'une forme quelconque qui comprend invariablement deux barres parallèles assez rapprochées. Enfin, on trouve une languette fine, haute de quelques millimètres, fixée à l'armature par l'un de ses bords, libre de l'autre côté et qui passe à l'intérieur des deux barres. Selon que cette languette soit du même matériau ou non, selon qu'elle soit découpée ou non dans son propre cadre, on parle de guimbarde idioglotte et hétéroglotte.
Les guimbardes occidentales sont généralement en métal et leur taille peut varier en fonction de la hauteur du son généré. Il existe cependant des guimbardes en bois et en bambou, en Asie et Océanie par exemple. De même la languette peut être ébranlée autrement que par son extrémité recourbée : par une ficelle liée au cadre, un marteau, etc. Le nombre de languettes peut aller jusqu'à cinq.
Un joueur de guimbarde place l'instrument devant la bouche d'une main, en la tenant par l'armature (à l'opposé des branches parallèles). Les guimbardes occidentales en métal sont posées fermement contre les dents entrouvertes (l'instrumentiste ne doit pas enserrer les branches parallèles avec les dents, ce qui bloquerait le passage de la lamelle). Les guimbardes orientales en bambou ou en laiton (guimbardes hmong du Viêt Nam) se posent sur les lèvres. L'autre main permet d'actionner la membrane (le plus souvent de l'extérieur vers l'intérieur).
Certains joueurs jouent avec un ou plusieurs doigts, d'autres avec leur main pour faire vibrer la lamelle. Il est également possible d'utiliser la langue pour faire varier les sons et créer des harmoniques surprenants avec des effets de réverbération ou d'écho. L'inspiration et l'expiration permettent l'accentuation et le changement de ton. On peut aussi « chanter » tout en jouant.
C'est un instrument extrêmement rythmique dont l'art réside dans ce dosage du son obtenu par le contrôle du souffle et la position de la langue ou des lèvres. Le musicien peut modifier le son de son instrument en gonflant ses joues, en déplaçant sa langue, en soufflant ou en inspirant par exemple. Les vibrations de la languette mobile génèrent une onde sonore de hauteur fixe que modifie la configuration du gosier, jouant le rôle d'une caisse de résonance variable. Ces modifications entraînent aussi une variation des harmoniques produits. Ainsi, on imite le chant diphonique.
La guimbarde est aussi un instrument de musique savante :
En Inde du Sud, dans la musique carnatique, elle est considérée comme un instrument de percussion à part entière à l'instar des mrigandam, ghatam et kanjira avec lesquelles elle partage un riche répertoire commun.
Johann Georg Albrechtsberger, l'un des grands compositeurs de son époque, ayant rencontré un joueur de guimbarde doué, a même composé des concertos pour cet instrument. Dans ces derniers, la guimbarde joue le rôle soliste et virtuose que peut tenir un violon face à un ensemble de cordes, pouvant même s'offrir des espaces d'improvisation.
En Autriche, elle permettait aux jeunes prétendants de faire la cour à leur belle ; petit et pratique, elle était également un compagnon de voyage idéal pour la noblesse qui formait ainsi sa jeunesse. Dans ses mémoires, Madame Campan, dit d'Adélaïde de France (1732-1800), fille de Louis XV, qu' « elle avait appris à jouer de tous les instruments, depuis le cor – me croira-t-on ? – jusqu'à la guimbarde ».
Angleterre : John Wright (ethnomusicologue), Michael Wright
Québec : Daniel Roy
Écosse : Angus Lawrie
Finlande : Tapani Varis
Norvège : Svein Westad, Folke Nesland, Bjørgulv Straume, Bjørgulv Rysstad, Knut Tveit, Harald Foss
Russie : Ogotoev Peotr Peotrovich, Spiridon Spiridonovitch Chichiguine
Viêt Nam : Tran Quang Hai (ethnomusicologue)
Chine : Wang Li
France : Canaut Roucher Vincent, Serge Zabrodine, Yohann Aussage
Fabricants de guimbardes :
Allemagne : Andreas Schlütter
France : Bernard Lalanne, Matin Musical (M. Gentil et M. Guimbarde)
Norvège : Folke Nesland, Bjørgulv Straume, Bjørgulv Rysstad, Knut Tveit
Apparition au cinéma :
Dans le film Scoop de Woody Allen, le personnage interprété par Woody Allen donne cette réplique :
« Je joue de la guimbarde. C'est une languette métallique qu'on met dans la bouche et qui produit un son de corde pincée très musical. On l'appelait aussi harpe du Juif mais ces gens, vous savez comment ils sont, à la moindre allusion d'antisémitisme, ils déposent une plainte. »
Le compositeur Ennio Morricone a beaucoup ½uvré pour la popularité de la guimbarde. Nombre de ses musiques composées dans les années 1960 pour des westerns spaghetti (mais aussi Le Clan des Siciliens) utilisent une guimbarde.
Amaan khuur ou Aman topshuur (Mong)
Angkuoch (Cambo)
Arpa de boca (Es)
Ataya (Taiw)
Berimbao (Es)
Birimbau (Pt)
Brummeisen (Al)
Bungkao (Malay)
Chang (Afgh)
Changkobuz (Ouzb)
Dàn môi (Viet)
Djigach ooz komuz (Kirg)
Drembà (Roum)
Drombule (Mold)
Drymba (Ukr)
Genggong (Bali)
Gue gueq (Zh)
Hoho (Zh)
Hun toong (Thaï)
Jew's harp (USA)
Khel khuur (Mong)
Khomus ou Xoomus (Rus)
Komuz ou Kobyz (Kirg)
Kouhuang (Zh)
Kouqin (Zh)
Kubing ou kobing, kebing et kumbing (Phil)
Maultrommel (De)
Maranzano ou Marranzanu (It)
Mondtrom (Nl)
Moorchang ou Murchang (In)
Mooria (NZ)
Morsing (In)
Mukkuri (Jap)
Munnharpa (No)
Munniga (Su)
Muxukitarra (Pays basque)
Riberbula (Corse)
Scacciapensieri (It)
Shan-kobyz (Kazak)
Susap (Nelle Gui)
Temir ooz komuz ou temir komuz ou ooz komuz (Kirg)
Tochiale (Lit)
Tömör khuur (Mong)
Trump (UK)
Trunfa (It)
Utete (Polyn)
Vargane ou Vargan (Rus)



