Guimbarde (musique)

Guimbarde (musique)
La guimbarde est un instrument de musique idiophone. Son origine est très ancienne. Elle existe en Europe depuis au moins l'époque gallo-romaine, mais elle est aussi très répandue en Asie et en Mélanésie. Elle est, de fait, réputée être l'un des instruments de musique les plus anciens du monde. C'est un instrument utilisé de tout temps par les chamans, notamment dans les pays scandinaves et en Sibérie. Malgré son apparence simpliste elle est aussi un instrument de la musique savante dans certains pays, mais sa destination habituelle est plutôt la musique populaire ainsi que l'indiquent les nombreux termes pour la désigner en France par exemple : Guimbarde, Harpe à bouche, Trompette tsigane, Trompe-laquais, Trompe de Béarn, Hanche-en-ruban, Campurgne, Citaro. Aux États-Unis, elle est aussi connue sous le nom de Jew's Harp qui pourrait être une déformation du français jeu. Dans de nombreux pays d'Asie, elle est désignée sous différents noms suivant sa forme, le matériau utilisé pour sa fabrication voire selon l'usage.



Facture

La guimbarde est composée de deux éléments. On distingue tout d'abord une armature, d'une forme quelconque qui comprend invariablement deux barres parallèles assez rapprochées. Enfin, on trouve une languette fine, haute de quelques millimètres, fixée à l'armature par l'un de ses bords, libre de l'autre côté et qui passe à l'intérieur des deux barres. Selon que cette languette soit du même matériau ou non, selon qu'elle soit découpée ou non dans son propre cadre, on parle de guimbarde idioglotte et hétéroglotte.

Les guimbardes occidentales sont généralement en métal et leur taille peut varier en fonction de la hauteur du son généré. Il existe cependant des guimbardes en bois et en bambou, en Asie et Océanie par exemple. De même la languette peut être ébranlée autrement que par son extrémité recourbée : par une ficelle liée au cadre, un marteau, etc. Le nombre de languettes peut aller jusqu'à cinq.


Jeu

Un joueur de guimbarde place l'instrument devant la bouche d'une main, en la tenant par l'armature (à l'opposé des branches parallèles). Les guimbardes occidentales en métal sont posées fermement contre les dents entrouvertes (l'instrumentiste ne doit pas enserrer les branches parallèles avec les dents, ce qui bloquerait le passage de la lamelle). Les guimbardes orientales en bambou ou en laiton (guimbardes hmong du Viêt Nam) se posent sur les lèvres. L'autre main permet d'actionner la membrane (le plus souvent de l'extérieur vers l'intérieur).

Certains joueurs jouent avec un ou plusieurs doigts, d'autres avec leur main pour faire vibrer la lamelle. Il est également possible d'utiliser la langue pour faire varier les sons et créer des harmoniques surprenants avec des effets de réverbération ou d'écho. L'inspiration et l'expiration permettent l'accentuation et le changement de ton. On peut aussi « chanter » tout en jouant.

C'est un instrument extrêmement rythmique dont l'art réside dans ce dosage du son obtenu par le contrôle du souffle et la position de la langue ou des lèvres. Le musicien peut modifier le son de son instrument en gonflant ses joues, en déplaçant sa langue, en soufflant ou en inspirant par exemple. Les vibrations de la languette mobile génèrent une onde sonore de hauteur fixe que modifie la configuration du gosier, jouant le rôle d'une caisse de résonance variable. Ces modifications entraînent aussi une variation des harmoniques produits. Ainsi, on imite le chant diphonique.


La guimbarde est aussi un instrument de musique savante :

En Inde du Sud, dans la musique carnatique, elle est considérée comme un instrument de percussion à part entière à l'instar des mrigandam, ghatam et kanjira avec lesquelles elle partage un riche répertoire commun.
Johann Georg Albrechtsberger, l'un des grands compositeurs de son époque, ayant rencontré un joueur de guimbarde doué, a même composé des concertos pour cet instrument. Dans ces derniers, la guimbarde joue le rôle soliste et virtuose que peut tenir un violon face à un ensemble de cordes, pouvant même s'offrir des espaces d'improvisation.
En Autriche, elle permettait aux jeunes prétendants de faire la cour à leur belle ; petit et pratique, elle était également un compagnon de voyage idéal pour la noblesse qui formait ainsi sa jeunesse. Dans ses mémoires, Madame Campan, dit d'Adélaïde de France (1732-1800), fille de Louis XV, qu' « elle avait appris à jouer de tous les instruments, depuis le cor – me croira-t-on ? – jusqu'à la guimbarde ».


Joueurs de guimbarde les plus connus :

Angleterre : John Wright (ethnomusicologue), Michael Wright
Québec : Daniel Roy
Écosse : Angus Lawrie
Finlande : Tapani Varis
Norvège : Svein Westad, Folke Nesland, Bjørgulv Straume, Bjørgulv Rysstad, Knut Tveit, Harald Foss
Russie : Ogotoev Peotr Peotrovich, Spiridon Spiridonovitch Chichiguine
Viêt Nam : Tran Quang Hai (ethnomusicologue)
Chine : Wang Li
France : Canaut Roucher Vincent, Serge Zabrodine, Yohann Aussage
Fabricants de guimbardes :

Allemagne : Andreas Schlütter
France : Bernard Lalanne, Matin Musical (M. Gentil et M. Guimbarde)
Norvège : Folke Nesland, Bjørgulv Straume, Bjørgulv Rysstad, Knut Tveit
Apparition au cinéma :

Dans le film Scoop de Woody Allen, le personnage interprété par Woody Allen donne cette réplique :

« Je joue de la guimbarde. C'est une languette métallique qu'on met dans la bouche et qui produit un son de corde pincée très musical. On l'appelait aussi harpe du Juif mais ces gens, vous savez comment ils sont, à la moindre allusion d'antisémitisme, ils déposent une plainte. »

Le compositeur Ennio Morricone a beaucoup ½uvré pour la popularité de la guimbarde. Nombre de ses musiques composées dans les années 1960 pour des westerns spaghetti (mais aussi Le Clan des Siciliens) utilisent une guimbarde.



Noms des guimbardes

Amaan khuur ou Aman topshuur (Mong)
Angkuoch (Cambo)
Arpa de boca (Es)
Ataya (Taiw)
Berimbao (Es)
Birimbau (Pt)
Brummeisen (Al)
Bungkao (Malay)
Chang (Afgh)
Changkobuz (Ouzb)
Dàn môi (Viet)
Djigach ooz komuz (Kirg)
Drembà (Roum)
Drombule (Mold)
Drymba (Ukr)
Genggong (Bali)
Gue gueq (Zh)
Hoho (Zh)
Hun toong (Thaï)
Jew's harp (USA)
Khel khuur (Mong)
Khomus ou Xoomus (Rus)
Komuz ou Kobyz (Kirg)
Kouhuang (Zh)
Kouqin (Zh)
Kubing ou kobing, kebing et kumbing (Phil)
Maultrommel (De)
Maranzano ou Marranzanu (It)
Mondtrom (Nl)
Moorchang ou Murchang (In)
Mooria (NZ)
Morsing (In)
Mukkuri (Jap)
Munnharpa (No)
Munniga (Su)
Muxukitarra (Pays basque)
Riberbula (Corse)
Scacciapensieri (It)
Shan-kobyz (Kazak)
Susap (Nelle Gui)
Temir ooz komuz ou temir komuz ou ooz komuz (Kirg)
Tochiale (Lit)
Tömör khuur (Mong)
Trump (UK)
Trunfa (It)
Utete (Polyn)
Vargane ou Vargan (Rus)
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# Posté le mercredi 04 juin 2008 08:58

Bouzouki

Bouzouki
Un bouzouki irlandais (image au dessus)


Le bouzouki est un instrument de musique répandu en Grèce, dont il est souvent considéré comme l'instrument « national » depuis le milieu du XXe siècle. C'est un luth à manche long fretté, de la famille du tambur, cousin du saz turc. Le mot bouzouki dérive du turc bozuk signifiant « cassé » ou « déraciné ».

Des instruments plus ou moins similaires, comme le buzuq arabe, existent dans de nombreux pays des Balkans, de Méditerranée orientale, et généralement dans les pays ayant appartenu au monde ottoman. L'histoire et la généalogie de ces instruments sont souvent sujettes à caution, en raison de considérations nationalistes, et du manque d'intérêt des musicologues anciens pour ces instruments de musique populaire.

L'attitude de certains éléments de la société grecque à son égard a ainsi évolué : considéré (notamment par les milieux nationalistes) comme un instrument d'origine orientale, associé aux réfugiés d'Asie mineure et jugé à ce titre « étranger » à la culture grecque (considérée comme essentiellement occidentale), associé au monde de la criminalité et des bas-fonds en tant qu'instrument du rebetiko, il a eu mauvaise réputation jusqu'au milieu du XXe siècle et son utilisation a parfois été réprimée.

Par la suite, ayant acquis avec le rebetiko et surtout ses dérivés une certaine respectabilité, parfois considéré comme dérivant d'instruments apparentés de la Grèce antique et byzantine (pandouris, tambouras) afin de renier toute influence turque, il est devenu une sorte d' « instrument national » grec, et symbolise souvent la Grèce et sa musique dans la culture populaire occidentale (publicités, disques, décoration de restaurants, etc.).

Récemment, le bouzouki (la plupart du temps plutôt une version modifiée de celui-ci) a été introduit dans la musique traditionnelle irlandaise.



Buzuq arabe

Bien que le buzuq soit mentionné par Farabi dès le Xe siècle, il restera toujours un instrument très discret, aujourd'hui rarement rencontré au Moyen-Orient (Syrie, Liban, Palestine et Jordanie) et en Albanie. Rural à l'origine, il est devenu depuis 1960, un instrument citadin, propre à l'exécution de la musique savante arabe et occidentale.


Lutherie

C'est un luth à manche long de 120 cm de long, à caisse piriforme à fond soit plat, soit bombé (monoxyle ou lamellé-collé), au manche fretté de 24 à 26 ligatures amovibles, terminé par un chevillier moderne, où sont montées 2 ou 3 doubles cordes métalliques. Il y a souvent un beau travail de marqueterie.


Jeu

Du fait qu'il soit fretté, il ne se prêtait guère à l'exécution des maqâmat, mais certains interprètes virtuoses n'hésitent pas à s'y aventurer ainsi le Syrien Muhammad 'Abd el-Karîm et les Libanais Mohamed Matar et Issa Hassan. On le joue à l'aide d'un risha, un plectre en plume. C'est l'instrument de prédilection des communautés tsiganes établies en Orient.

Bouzouki grec

Lutherie

Long de 70 cm, il dispose d'un long manche étroit muni de 27 frettes fixes, et d'une caisse piriforme (dont le fond en lamellé-collé est bombé). La rosace est plus ou moins décorée de nacre, le bouzouki traditionnel étant généralement plus sobre. Les cordes sont métalliques et doublées, les ch½urs graves étant normalement accordés à l'octave.

Le bouzouki traditionnel (trichordo) compte trois doubles cordes (ch½urs) accordées en ré - la - ré. Les 2 ch½urs les plus graves sont fréquemment utilisés comme bourdon, la mélodie étant jouée sur le ch½ur le plus aigu.

À partir du milieu du XXe siècle, accompagnant l'évolution de la musique « populaire » laika, l'utilisation du bouzouki à quatre ch½urs (tetrachordo) s'est fortement développée, avec un accordage similaire à celui des quatre cordes les plus aiguës de la guitare: do - fa - la - ré, et souvent ré - sol - si - mi. Ce type d'accordage permet en effet une plus grande virtuosité et est plus adapté à l'harmonie occidentale.

Selon les sources grecques, la genèse de ce bouzouki est due soit à Stathopoulos, vers 1900, qui fut le fondateur de la firme Epiphone, soit à Stefanakis, après la Seconde Guerre mondiale, joueur de banjo qui eut l'idée d'ajouter une quatrième paire de cordes.[réf. nécessaire] Le bouzouki à quatre ch½urs, électrifié pour pouvoir être amplifié, fut popularisé dans les années 1950, car il permettait un jeu rapide et virtuose, inhabituel jusqu'alors.



Jeu

Il est joué avec un plectre. On peut citer parmi ses interprètes : Markos Vamvakaris, Manolis Hiotis. Le bouzouki trichordo est souvent utilisé dans le répertoire du rebetiko, son accordage étant adapté à ce type de musique (utilisation du bourdon) ; il bénéficie auprès de ses adeptes d'une image d'authenticité par rapport au bouzouki tetrachordo jugé trop occidentalisé.

Traditionnellement soliste ou destiné à accompagner le chant, on a vu néanmoins des ensembles de plus de dix bouzoukis se former. La musique de bouzouki est notée au moyen de tablatures



Bouzouki irlandais

Le bouzouki grec a été introduit au début des années 1960 en Irlande à la suite d'une erreur. Alec Finn demanda à un ami qui allait en Grèce de lui rapporter un luth, mais il lui rapporta un bouzouki à trois ch½urs. Fidèle ami de Frankie Gavin, Alec Finn l'utilisa pendant sa carrière d'accompagnateur dans de Dannan. Dans les années 1970, d'autres musiciens comme Johnny Moynihan, Andy Irvine et surtout Donal Lunny cherchèrent à faire évoluer l'instrument.

Lutherie

Donal demanda au luthier Peter Abnett de lui fabriquer un instrument comportant les caractéristiques suivantes : forme de larme et fond plat, quatre ch½urs, cordes et accord différents. Ainsi naquit le « bouzouki irlandais ». De rares musiciens continuèrent cependant d'utiliser le bouzouki grec trichordo.


Jeu

Les accords les plus courants sont, du grave vers l'aigu : sol - ré - la - ré et la - ré - la - ré. On trouve aussi — entre autres — sol - ré - la - mi, c'est-à-dire l'accord de la mandoline (une octave au-dessous). Le bouzouki est généralement utilisé à la place de la guitare, en accompagnement le plus souvent à la différence du style grec.

Mentionnons encore que depuis quelques années, divers instruments hybrides voient le jour, comme le bouzouki au corps de guitare qu'utilise Andy Irvine. Un des principaux luthiers irlandais (bouzoukis, mandolines, mandoles, cistres, etc.) se nomme Joe Foley.


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# Posté le mercredi 04 juin 2008 08:49

Nyckelharpa

Nyckelharpa
La nyckelharpa est un instrument de musique traditionnel à cordes frottées d'origine scandinave. Il appartient à la même famille que la vielle à roue et la vièle. Il existe depuis le Moyen Âge sous différentes formes et connaît aujourd'hui un regain d'interêt depuis les années 1970 en Suède, et ailleurs dans le monde.

Le nom de cet instrument signifie : "instrument de musique à clefs". Les clefs désignant les touches du clavier.


Lutherie

La nyckelharpa est composé d'une caisse de résonance en bois, quelquefois sculptée dans la masse mais le plus souvent, elle possède des éclisses chantournées ou pliées, avec un fond plat et une table cintrée.

L'épicéa est utilisé pour la table d'harmonie. Les éclisses, le fond et le manche peuvent être en aulne, en érable ou en épicéa.

L'instrument possède des cordes mélodiques, des cordes bourdons (servant à l'accompagnement) et des cordes sympathiques (cordes non frottées par l'archet qui résonnent sous l'effet des cordes mélodiques enrichissant la sonorité).

Le manche supporte un clavier de 14 à 50 touches selon les modèles qui permettent de sélectionner les notes sur les cordes mélodiques par l'action de sautereaux. L'archet est court et incurvé comme un arc.



Jeu

Traditionnellement, l'instrument se tient horizontalement, soutenu par une bandoulière, on se trouve sur la cuisse droite.

Didier François, violoniste et nyckelharpiste de Belgique, a élaboré pour cet instrument une technique nouvelle inspirée par la technique pour le violon du grand violiste Arthur Grumiaux, qui offre une plus grande liberté d'exécution. Pour garder les bras détendus, il tiens l'instrument plus vertical sur la poitrine, améliorant ainsi la vélocité et la qualité du son. De plus, grace à une épaulière de violon, le nyckelharpa est tenu légèrement éloigné du corps pour optimiser la vibration de la caisse de résonance. Aujourd'hui, de plus en plus de joueurs de nyckelharpa s'aventurent dans la "Technique Didier François".


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# Posté le mercredi 04 juin 2008 08:40

Cithare

Cithare
La cithare (zither en allemand) est un instrument de musique à cordes pincées d'origine autrichienne ou germanique, répandue aussi en Suisse, en Slovénie et en France.

Le terme désigne aussi une famille d'instrument ayant la particularité d'avoir les cordes de jeu tendues d'un bout à l'autre de la caisse de résonance, sans manche.



Facture

La caisse de résonance a une forme trapézoïdale, relativement plate. La table d'harmonie à une grosse ouïe centrale et des décorations y sont souvent appliquées. La cithare possède autant de cordes que de notes jouables (par la main droite) pour la mélodie, et quelques ch½urs, ensembles de quatre cordes assurant les accords de l'accompagnement (qui sont joués de la main gauche). Les cordes mélodiques sont fines et décroissent en longueur de la gauche vers la droite, c'est-à-dire des sons graves vers les sons aigus. Les ch½urs consistent en groupes de quatre cordes approximativement de même longueur mais de grosseurs très différentes pour produire des accords montants lorsqu'elles sont grattées de la droite vers la gauche. Des chevilles en métal assurent fixation et accord.

Certains modèles sont frettés sur la partie consacrée aux accords.


Jeu

Pour en jouer, on pose la cithare sur un plan horizontal (une table ou les genoux par exemple) et les cordes sont pincées avec la pulpe du doigt, éventuellement avec un onglet métallique ou en plastique. On y joue la musique traditionnelle ou folklorique des pays alpins ainsi que les pièces musicales religieuses (en particulier en accompagnement des psaumes).

Les cithares asiatiques à haut chevalet nécessitent l'appui d'une main sur les cordes souples afin d'obtenir la note voulue ; ce système limite le nombre des cordes.

Il existe aussi des cithares à archet (cordes frottées) ou à marteau (cordes frappées).


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# Posté le mercredi 04 juin 2008 08:35

Harpe celtique

Harpe celtique
La harpe celtique est un instrument de musique ancien répandu en Irlande (cláirseach), en Écosse, au Pays de Galles (telyn) et en Bretagne (telenn) pour accompagner la musique celtique. Elle jouit d'un regain de popularité assez récent en Bretagne, depuis les années 50. Plus petite que la harpe de concert, elle est plus maniable. Elle possède un répertoire propre né de l'époque où elle était l'instrument des musiciens ambulants.

En Irlande entre le XIIe et le XVe siècle, les personnes aveugles qui ne pouvaient pas participer aux travaux habituels étaient alors dirigés vers le filage de la paille pour rempaillage de chaises ou bien on leur enseignait la harpe. Les aveugles furent nombreux parmi les harpistes de l'époque et souvent de très bon joueurs et compositeurs, leurs sens du toucher et de l'ouïe étant très développés. Le compositeur O'Carolan était lui-même aveugle. De ce fait beaucoup d'½uvres ne furent transmises que par oral et un très grand nombre d'entre-elles ont aujourd'hui disparu.

Seuls trois exemplaires de harpes celtiques anciennes (appelées aussi "harpes gaéliques") nous sont parvenues : la harpe dite de Brian Boru, exposée au Trinity College de Dublin, la harpe de la Reine Marie et la harpe de Lamont, ces deux dernières étant conservées en Écosse, au National Museum d'Edimbourg.


Facture

Sa colonne cintrée la rend reconnaissable entre toutes les harpes. Elle possède généralement 32 à 38 cordes. De nos jours, les cordes sont le plus souvent en nylon, mais on trouve aussi des instruments montés avec cordes de bronze, en acier, en fibre de carbone ou en boyau (de mouton).

Des "taquets" (ou palettes) encore appelés "leviers", fixés près de la partie supérieure de chaque corde, permettent de modifier la hauteur d'un demi-ton pour jouer les altérations (dièses/bémols). On accorde généralement la harpe celtique en mi bémol majeur avec les taquets en position basse, ce qui permet ensuite de jouer dans les tonalités ayant jusqu'à quatre dièses ou trois bémols.



Jeu

La harpe celtique correspond à tout un répertoire traditionnel irlandais, écossais et breton, mais elle s'adapte aussi à des répertoires classiques et contemporains (jazz, new age, musique contemporaine...). Elle accompagne idéalement le chant soliste.

Sa petite taille en fait un instrument de choix pour débuter l'apprentissage de la harpe à pédales, bien qu'elle possède une technique de jeu propre, différente du jeu sur harpe classique.

La harpe celtique est un instrument à la sonorité douce et harmonieuse, exprimant la gaité, la mélancolie ou la rêverie. Le terme « harpeur » est utilisé pour distinguer les joueurs de harpe celtique des harpistes « classiques ».


Instrumentistes célèbres

Le Dagda, dieu-druide de la mythologie celtique, est aussi le dieu tutélaire des musiciens et, à ce titre, il possède une harpe magique qui a la particularité de savoir toutes les mélodies de la musique et de pouvoir les jouer toute seule, sur simple demande du dieu.

Anciens :

Turlough O'Carolan, né en 1670, le plus connu des harpiste professionnels d'Irlande, admirateur de Vivaldi. Sa mort est généralement considérée comme marquant le déclin de la tradition harpistique en Irlande, quoi que le Festival de Belfast, 50 ans plus tard, ait encore réuni 10 harpistes. Ses compositions sont encore très jouées par les harpistes actuels.
Ruairi Dall O'Cathain autre harpiste aveugle irlandais né vers 1570 et décédé vers 1650. Aurait servi à la cour de Jacques Ier d'Angleterre. Il nous a laissé une ½uvre moins abondante que O'Carolan, mais certaines de ses pièces, en particulier Tábhair dom do Lámh ("Donne-moi la main") restent des classiques du répertoire traditionnel.


Contemporains :


Alan Stivell, Breton qui, avec son père, Jord Cochevelou, a fait renaître la harpe celtique sur le continent et suscité un regain d'intérêt dans les autres pays celtes et dans le monde.
Myrdhin, Breton au nom de scène gallois, fondateur des Rencontres Internationales de Harpe Celtique qui se déroulent chaque année à Dinan (Côtes d'Armor).
Derek Bell (1935-2002), Irlandais membre du groupe « Chieftains ».
Loreena McKennitt, Canadienne d'origine irlandaise, célèbre pour sa « World Celtic Music ».
Dominig Bouchaud, premier prix de harpe classique au Conservatoire National Supérieur de Paris, compositeur et professeur de harpe celtique à l'école nationale de musique de Quimper.
Les frères Quefféléant, du groupe breton Triskell.
Katrien Delavier (1961-1998), originaire du nord de la France
Et aussi : Mariannig Larc'hantec, Kristen Nogues, Violaine Mayor, Françoise Cornwell, Sedrenn ; aux USA : Kim Robertson, Aryeh Frankfurter, ...
Armelle Gourlaouën est une des seule harpiste en France à jouer de trois harpes différentes en concert. Elle utilise la harpe classique, la harpe celtique et la harpe troubadour.
Gwenäel Kerléo, élève de Muriel Chamard-Bois. Cette artiste compose tous ses morceaux et allie le traditionnel breton à sa touche personnelle. Elle a sorti trois albums : Terre Celte, Chemin de Brume et Yelen.
Gildas Taldir-Jaffrenou
Jord Cochevelou
Denise Mégevand


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# Posté le mercredi 04 juin 2008 08:31