Cornemuse

Cornemuse
La cornemuse est un instrument de musique à vent et plus particulièrement à anches. Il en existe plus d'une centaine de types dans le monde. Son aire de répartition correspond à l'Europe entière, au Caucase, au Maghreb, au Golfe persique et va jusqu'à l'Inde du Nord. Elle existait déjà du temps des Grecs qui, croit-on, l'auraient empruntée à l'Égypte antique. Elle aurait été ensuite répandue par les romains. Instrument pastoral à l'origine, elle a développé au cours des siècles un répertoire à part entière qui culmine avec la musique de Cour et la musique militaire.


Tuyaux et réservoir

Elle est constituée d'un réservoir étanche (sac en peau animale ou en caoutchouc) dans lequel de l'air est insufflé soit par la bouche de l'instrumentiste soit par un soufflet (ce qui est plus rare). L'air contenu dans le réservoir s'échappe ensuite de manière continue vers les tuyaux de bois (ébenne ou fruitier) souvent formés de segments emboîtés dont l'extrémité interne possède une anche simple ou double qui produit le son. Ces tuyaux sont, ou non, percés de trous de jeu qui, comme sur une flûte, sont fermés ou ouverts par les doigts ou par des clefs (plus rarement), afin de produire la mélodie. Quand ils sont percés de trous, on parle de "tuyaux mélodiques", mais aussi de "tuyaux semi-mélodiques" selon leur rôle dans la production musicale. Un tuyau dépourvu de trou de jeu s'appelle "bourdon", et il donne une note continue. Il y a souvent des décorations de passementerie.

Le tuyau mélodique est équipé d'une anche simple (une languette vibrante, comme sur la clarinette) ou double (deux languettes vibrantes, comme sur le hautbois). Ce dernier cas est le plus courant en France (sauf pour la boha landaise d'où son appellation de hautbois, chalumeau, chanterelle) ou chanter. Le terme "pied" est aussi utilisé pour parler du tuyau mélodique mais son usage n'est pas approprié dans tous les cas : le pied est, dans le cas de la cornemuse d'Auvergne (cabrette), l'ensemble "tuyau mélodique et tuyau bourdon" disposés parallèlement l'un à l'autre, ou bien, dans le cas de la musette baroque, c'est le double tuyau mélodique. Le terme pied ne devrait s'appliquer qu'à ces deux seules cornemuses où deux tuyaux parallèles (soit mélodique et bourdon, soit deux mélodiques) peuvent être démontés en un geste car ils sont fixés sur même pièce de bois, elle-même reliée au réservoir. Dans tous les autres cas, on peut parler de hautbois, si le tuyau est bien muni d'une anche double. Car le tuyau mélodique peut être équipé d'une anche simple. Ce cas est très fréquent pour les cornemuses de l'est de l'Europe, en Suède, en Méditerranée, dans le Caucase, au Proche et Moyen Orient et jusqu'en Inde (où on joue aussi la cornemuse écossaise laissée par les Britanniques).

Certaines cornemuses sont munies d'un tuyau mélodique qui sert à accompagner et ornementer la mélodie principale, et que l'on appelle tuyau semi-mélodique pour cette raison. Comme le tuyau mélodique, à côté duquel il est toujours placé (et même, il est souvent percé dans le même bloc de bois), il possède des trous de jeu. La duda hongroise, la boha landaise et la zampogna italienne sont équipées d'un tel tuyau. Il peut y avoir de 1 à 4 trous (voire 5 plus rarement, sachant que le tuyau mélodique en a toujours plus, c'est-à-dire 6 avec parfois un septième situé au dos pour le pouce). Le uilleann pipes irlandais, possède plusieurs tuyaux semi-mélodiques. Appelés "regulators" en anglais, régulateurs en français, ils sont au nombre de trois, rarement quatre voire cinq. Ils permettent de réaliser des accords d'accompagnement et sont munis de clefs que l'on actionne avec le poignet de la main droite.

Le nombre de bourdons, ces tuyaux, qui servent aussi à l'accompagnement mais dont on ne peut guère modifier en cours de jeu la note produite, est très variable : de un à quatre, qui sont accordés le plus souvent à l'octave ou deux octaves sous la tonique du tuyau mélodique, mais aussi en quinte ou quarte. La cornemuse écossaise en a trois, certaines cornemuses de Serbie également. Mais toutes les cornemuses n'ont pas forcément un bourdon. C'est le cas par exemple du mezwed tunisien ou de la tsambouna grecque. Mais elles possèdent soit un double tuyau mélodique (deux tuyaux strictement jumeaux, placés côte à côte, les doigts bouchant deux trous à la fois), soit un tuyau semi-mélodique.


Par exemple, la cornemuse écossaise Great Highland Bagpipe comporte les pièces suivantes (globalement les mêmes sur toutes les cornemuses, dans le principe tout au moins) :

tuyau mélodique (chalumeau ou levriad en breton),
réservoir d'air,
souche,
tuyau d'insufflation (appelé aussi porte-vent),
bourdons (ténors),
(grand) bourdon,
coulisse d'accordage,
cordes de maintien (spécifique à la grande cornemuse d'Écosse et au biniou braz breton).
Le tuyau d'insufflation est muni d'un clapet anti-retour (soupape), permettant à l'air introduit de ne pas en ressortir. Toutes les cornemuses ont au moins un tuyau mélodique, pour jouer la mélodie. La différence se fait sur la présence et le nombre de bourdons, la présence et le nombre de tuyaux semi-mélodique, la présence d'un tuyau d'insufflation ou d'un soufflet.

Sur le réservoir sont fixées une ou plusieurs souches, ligaturées de manière étanche. Dans les souches, on vient introduire les tuyaux de jeu. Elles servent d'intermédiaire entre le réservoir et le tuyau : on peut ainsi détacher les tuyaux pour accorder les anches sans devoir tout défaire. Sur la "grande cornemuse d'Écosse", il y a une souche par tuyau de jeu, alors que sur d'autres cornemuses comme la zampogna, il y a peut y avoir une souche commune à plusieurs tuyaux. Dans certains cas (cornemuse de Turquie par exemple), le tuyau d'insufflation est raccordé directement, sans souche.

Le réservoir est généralement fait à partir d'une peau animale presque entière, telle que la chèvre (qui a donné son nom à l'instrument comme c'est le cas pour la cabrette auvergnate ou la koza polonaise). Il est aussi fait dans une pièce de cuir bovin (ce qui est le cas dans presque toute l'Europe occidentale). Pour garantir l'étanchéité, cette peau est travaillée de différentes manières. Dans le cas de la peau de chèvre, il est fréquent que les poils qui ont été coupés courts soient conservés à l'intérieur et enduits de sel qui absorbera l'humidité du souffle. Dans le cas de l'utilisation d'une pièce de cuir bovin cousue, la surface intérieure est enduite de poix ou de mélasse. D'autres cornemuses encore peuvent être constituées d'une vessie (celles que l'on trouve dans la région de la Volga en Russie, par exemple [2]). Actuellement, elles sont en gore-tex, dans des constructions récentes, en fonction des souhaits des musiciens. Le cahoutchouc a été abandonné car il veillissait très mal. Souvent, on glisse le réservoir dans un tissu que l'on appelle la robe ou la housse


Anches

Les tuyaux sonnants de la cornemuse fonctionnent grâce à une anche qu'il est nécessaire de mouiller quelques minutes avant de pouvoir jouer. Selon le type de cornemuse, on trouve une anche simple, sur le tuyau mélodique et le (les) bourdon(s), comme par exemple sur le koziol polonais ; ou bien des anches doubles (par ex. certaines zampogna italiennes et la musette baroque. D'autres cornemuses encore, fonctionnent avec une anche double pour le tuyau mélodique et une anche simple pour le (les) bourdon(s). C'est le cas par ex. du sac de gemecs catalan, de la veuze nantaise, de la cabrette auvergnate, etc.

Les anches simples : Elles sont constituées d'un petit tube en roseau (Canne de Provence), découpé de sorte à dégager une petite lamelle, la partie vibrante, dont la longueur et l'épaisseur donne la hauteur. C'est sur ce paramètres qu'il faudra jouer pour accorder l'anche. Parfois la lamelle est faite dans une autre matière (comme par exemple du bronze), et elle est alors liée par de la filasse ou du fil de chanvre poissé et enduit de poisse sur le tube sur lequel on a pratiqué au préalable un orifice rectangulaire correspondant à la lamelle.

L'anche est fichée, lamelle vers le haut, dans le tuyau de jeu, mélodique ou bourdon. L'air fait vibrer la lamelle en s'engouffrant dans l'anche, puis dans le tuyau, et le tuyau se met à sonner.

L'anche simple est aussi celle qui est utilisée pour la clarinette et le saxophone.

Les anches doubles : Elles sont constituées de deux lamelles de roseau trapézoïdales, affinées (grattées) sur la partie la plus large, et déposées sur un petit tube (le canon, que l'on enfoncera dans le tuyau), et tenues l'une contre l'autre avec un fil, de matière naturelle (lin, coton) ou synthétique, ce qui permet aussi de les accorder (car plus on recouvre les lamelles, plus on raccourcit la surface vibrante et inversement). Il y aussi, dans le cas des anches plus complexes (et plus récentes), une petite barette de laiton, qui sert à accorder, et qui s'appelle la rasette. Le canon possède du fil ou un petit bout de liège pour tenir dans le tuyau.

Les anches doubles sont aussi utilisées par le basson, la chalémie, le hautbois, ou encore le cor anglais.


Jeu

La cornemuse se joue généralement debout car elle demande la pleine capacté des poumons, sauf les modèles à soufflet, qui se jouent assis. S'il suffit d'insuffler le sac pour qu'un son sorte aussitôt par les tuyaux sonnants, il faut d'abord mouiller les anches et accorder les bourdons, puis reconstituer la cornemuse en emboîtant les tuyaux dans les souches et les anches dans les tuyaux éventuellement. Une fois le sac gonflé on peut se reposer le souffle (parfois certains chantent) tout en appuyant sur le sac au moyen du bras en général, ce qui permet d'avoir un son continue et puissant. Le sac permet ainsi d'augmenter et de réguler la puissance du souffle continu.

Elle se joue en solo, en formation de cornemuses ou en brass-band. On y joue tout autant des danses que de la musique militaire ou religieuse, etc.

Le joueur de cornemuse est appelé "cornemuseur" ("cornemuseux" est dépréciatif sauf utilisé dans le domaine de la musique traditionnelle du Centre de la France) ou "sonneur", en Bretagne.


Liste de cornemuses

Askomadoura, cornemuse crétoise proche de la tsambouna ;
Baghèt, une des cornemuses italiennes venant des vallées de Bergame ;
Biniou braz, ou pib veur (breton, nom masculin), littéralement « grande cornemuse », qui est en fait un Great Highland Bagpipe avec un jeu très proche datant des années 1950 ;
Biniou kozh (breton, nom masculin), littéralement « vieille cornemuse », l'une des cornemuses les plus aiguës.
Bodega occitane.
Boha (cornemuse landaise), la cornemuse traditionnelle des Landes de Gascogne ;
Border pipe (écossaise), la cornemuse traditionnelle du sud de l'Écosse et du nord-est d'Angleterre;
Cabrette (auvergnate), cornemuse apparue au XIXe siècle dans la communauté auvergnate de Paris et qui s'est rapidement répandue en Haute Auvergne et Aubrac ; elle comporte un tuyau mélodique et un tuyau d'accompagnement, mais ce dernier n'est pas toujours fonctionnel ;
Ciaramedda, cornemuse italienne ;
Centre France ; cornemuse d'usage courant, reconstruite à partir d'anciens modèles conservés dans les musées ou les familles des anciens musiciens ;
Chabrette (limousine) et (périgourdine) ;
Cornette, une cornemuse de l'Italie méridionale ;
Doedelzak (Flandre française et belge) que l'on retrouve sur les représentation de Brughel ; c'est une cornemuse très proche de la musette du centre France.
Duda (Hongrie) ;
Dudy (Pologne) ;
Gaïda (bulgare) et Grèce, dont le sac est constitué de la peau d'une chèvre sur lequel sont montées bourdons et hautbois à l'emplacement des pattes et du cou de l'animal ;
Gaita (galicienne et asturienne) ;
Gaita de foles (Portugal) ;
Great Highland Bagpipe (écossaise) ; c'est la cornemuse de guerre des régiments écossais de l'armée britannique et par extension des pipe-bands ;
La grande nivernaise (Bourgogne), "Il y avait au siècle dernier à Saint-Pierre le Moûtier, dans le Nivernais, des fabricants de grosses cornemuses (...) qui excellaient dans les incrustations d'étain et de plomb dont ils chargeaient les chalumeaux en bois de poirier. Un détail assez curieux, c'est que les fleurs de lys qui formaient la base de cette décoration ne cessèrent jamais d'affecter la forme qu'elles avaient au XVIe siècle". Eugène de Bricqueville, 1895.
Karamunxia ou karamoussa, cornemuse d'Italie et de Crète ;
Loure (normande), figurée dans les anciens manuscrits ou dans la sculpture, elle a disparu au XVIIIe siècle ;
Mezoued (tunisienne) ;
Müsa, une cornemuse de l'Italie septentrionale ;
Musette Béchonnet (Bourgogne), dans le Charolais et le Brionnais, les chercheurs du GRETT ont découvert que la pratique de la cornemuse a perduré jusqu'en 1931. Ils ont recensé à ce jour une dizaine de cornemuseux locaux, jouant sur des instruments à soufflet de type Béchonnet;
Musette bressane (Bourgogne), petite cornemuse à soufflet, hautbois en Si bémol et deux bourdons (petit bourdon parallèle au hautbois sur un même boîtier). On en a retrouvé plusieurs exemplaires dont un en parfait état, signé Lutaud 1852, conservé au musée des Ursulines à Mâcon. Cet exemplaire a servi de modèle à B. Jacquemin (luthier à Semur-en-Auxois) pour réaliser des copies permettant de reconstituer un style de jeu dont il n'existe pas de témoignage sonore.
Musette de cour (utilisée aux XVIIe et XVIIIe siècles en France, cette cornemuse à soufflet a la caractéristique de posséder deux hautbois, pour faire deux mélodies simultanées, et neuf bourdons accordables. Elle était faite en ivoire, son sac était en soie brodée de fils d'argent ; son usage restait l'apanage des nobles, amateurs de 'bergeries'.
Northumbrian Small Pipes (Comté de Northumberland, nord-est d'Angleterre), appelée couramment small pipe ;
Panse d'oueille, ou pis d'chieuv' (Bourgogne), Dans le sud du Morvan et le Nivernais, l'association Lai Poêlée a effectué un inventaire des musiciens et instruments. Les cornemuses retrouvées, de type musette du Centre, ne sont pas de facture locale. La pratique est restée vivante jusque dans les années 1950 ;
Pipa, une cornemuse de l'Italie du nord ;
Pipossa (déformation de pipe en sac), nom d'une cornemuse disparue de la région de Boulogne-sur-Mer ;
Sac de gemecs, cornemuse de Catalogne ;
Sackpfeifen, cornemuse germanique et suisse ;
Säckpipa (Suède) ;
Schweizer Sackpfeife (cornemuse Suisse) : en Suisse, la cornemuse était un instrument dans la musique traditionnelle du Moyen Âge au XVIIIe siècle ;
Scottish Smallpipe (Écosse), qui est une version du northumbrian pipe développée par Colin Ross, en utilisant le doigté de la grande cornemuse d'Écosse, dans les années 1980 ;
Shüvïr, cornemuse russe ;
Surdulina, cornemuse de l'Italie du sud proche de la zampogna ;
Tsambouna, cornemuse grecque ;
Tulum, est une cornemuse propre à la région du nord-est de la Turquie ;
Uilleann pipes ou Union pipes (irlandaise, qui possède un jeu complexe de bourdons à clé, les régulateurs, au nombre de 3 sur un full set, et 3 bourdons, dont un deux octaves sous la fondamentale du chalumeau ;
Veuze (instrument du marais breton/vendéen à anche double non pincée).
War pipe (pib mhor, Irlande) voir Great Highland Bagpipe ;
Zampogna, cornemuse polyphonique italienne à double chanter et quatre bourdons.

# Posté le mercredi 04 juin 2008 08:12

Vielle à roue

Vielle à roue
Aujourd'hui, la vielle à roue est aussi bien jouée dans des conservatoires de musique, comme celui de Bourges, que dans des bals de musique traditionnelle. En fait, elle a connu une longue et riche histoire durant laquelle elle a été pratiquée par toutes les couches sociales.
Ainsi, l'organistrum, son ancêtre, apparaît au 10e siècle et accompagne les chants liturgiques jusque vers 1250. Puis, à partir de cette époque, sa forme change pour devenir plus proche de celle que nous connaissons aujourd'hui et l'instrument devient celui des musiciens ambulants. Parallèlement à cet usage, et paradoxalement peut-être, la noblesse s'entiche de la vielle à roue à la fin du 17e siècle et le transforme en objet précieux et luxueux. A partir du 19e siècle, des luthiers installés notamment dans le Bourbonnais (Allier), dans la vallée de la Sioule, et à Mirecourt, en Lorraine, diffusent leurs productions dans la France entière. A la même époque, la vielle s'inscrit dans le registre des musiques populaires régionales.


La vielle est un instrument à cordes frottées grâce à une roue entraînée par une manivelle. Les cordes sont raccourcies par des taquets nommés “sautereaux” mis en action par les touches du clavier.
Cet exemplaire présente une caisse bombée, un chevillier sculpté en buste d'homme, agrémenté sur les côtés de croisillons et d'étoiles, un décor de motifs floraux marquetés, autour de la manivelle, et des initiales “ JR ” décorées de feuilles incrustées, sur le dessus de la boîte à clavier. A l'intérieur de la boîte à clavier, des documents ont été apposés par un détenteur de la vielle avant son entrée au musée : manuscrit donnant des indications biographiques sur Jean Rameau et une carte postale le représentant avec cette vielle. Sa boîte de transport est également conservée par le musée.



Cet objet, au-delà de sa fonction d'instrument de musique, est le témoignage matériel de l'activité de trois hommes :


Joseph Pajot dit “Pajot jeune” (1848 - 1926) est le descendant d'une lignée de luthiers installée à Jenzat dans l'Allier. Il a succédé à son père en 1897. Le premier d'entre eux, Jean, a construit des vielles à partir de 1795 et cet atelier a été actif jusqu'à la seconde guerre mondiale. La vielle porte sa marque sur le côté de la boîte à clavier “PAJOT JEUNE / JENZAT / Allier” et une étiquette est également collée à l'intérieur : “FABRIQUE D'INSTRUMENTS DE MUS[IQUE] / Fondée en 1875 / MEDAILLES D'OR & D'ARGENT / PAJOT JEUN[E] / NOUVELLE MAISON / à JENZAT (Allier[)]” avec l'indication manuscrite de sa date de fabrication “ 1906 ” dans le bas.


Jean Baffier (1851 - 1920), sculpteur, est originaire de Neuvy-le-Barrois (Cher). Son affection pour sa région l'a conduit, notamment, à représenter dans son œuvre des paysans berrichons. Sur cet instrument, il a sculpté le chevillier sous la forme d'un buste d'homme barbu habillé d'une chemise, d'un gilet et d'une veste qui pourrait être Jean Rameau. Au revers du chevillier, une inscription, en partie effacée indique “Fait par / J. Baffier / sculpteur / [...] / 1906”.

Enfin, Jean Rameau (1852-1931), ("poète sabotier", comme il aimait à se définir) installé comme sabotier dans une échoppe de la rue Mirebeau à Bourges est surtout connu comme l'auteur de chansons d'inspiration régionale. Il diffusait celles-ci en se produisant lors de fêtes, accompagné d'autres musiciens et grâce à l'édition de cartes postales. Leur composition s'articule toujours autour du texte de la chanson et d'une scène, photographiée, représentant : “La Noce de nout' Gas'”, une “Jeune Fille Berrichonne”, “Le Baptême”, “Les Accordailles” etc. Jean Rameau figure souvent en bonne place dans ces mises en scène. Ce parcours de chansonnier peut être mis en parallèle avec celui de Théodore Botrel (1868-1925) auteur de chansons dans le style breton qui a sans doute connu une plus grande notoriété, en particulier grâce à l'écriture de “La Paimpolaise”.

Cette vielle atteste également de la volonté au début du 20e siècle, dans la France entière, avec cependant une intensité différente selon les territoires, de mettre en valeur les cultures régionales au moment où l'on prend conscience de leur profonde modification. Ce mouvement s'est ainsi traduit, dès cette époque, par des collectes, la création de musées, et la représentation de sujets régionaux par les artistes.


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# Posté le mercredi 04 juin 2008 08:05

Dolmen

Dolmen
Un dolmen est une sépulture mégalithique préhistorique (entre la fin du Ve millénaire av. J.-C. et la fin du IIIe millénaire av. J.-C. en Europe, au Ier millénaire av. J.-C. en Extrême-Orient) constituée d'une ou plusieurs grosses dalles (tables) posées sur des pierres verticales qui lui servent de pieds (les orthostates). Le tout étant originellement recouvert, maintenu et protégé par un tumulus.

Description

Dans leur état actuel de dégradation, les dolmens se présentent souvent sous l'apparence de simples tables, qui a pu longtemps faire penser à des autels païens, mais il s'agit bien de chambres sépulcrales et de galeries de tumulus (buttes artificielles), dont la partie meuble (remblai) a été érodée au cours des siècles. Leur architecture comporte parfois un couloir d'accès qui peut être construit en dalles ou en pierre sèche. La chambre sépulcrale, aux formes variables (rectangulaire, polygonale, ovale, circulaire...), peut aussi être précédée d'une « antichambre ». Dans certains dolmens, l'entrée présente une porte taillée dans une ou plusieurs dalles verticales.

La morphologie des dolmens peut varier en fonction des régions ; ainsi observe-t-on, par exemple en Loire-Atlantique (France), des dolmens dont le couloir central dessert plusieurs chambres de part et d'autre, formant ainsi un ou deux transepts et compliquant notablement le plan de la sépulture. Ailleurs en Bretagne, ou dans d'autres régions, en région parisienne par exemple, et dans bien d'autres pays, certains dolmens démesurément longs, dont la chambre et le couloir de même largeur se confondent et qui sont recouverts de plusieurs tables sont appelés « allées couvertes ». La complexité et l'importance des monuments peuvent être telles que certains tumuli recouvrent plusieurs dolmens, comme le grand tumulus de Barnenez (Finistère, France) qui couvre onze sépultures à couloir, les unes mégalithiques et d'autres avec voûtes de pierre sèche en encorbellement... À l'opposé, la région des Cévennes est riche en tombes du genre coffre, souvent en dalles de schiste et pierre sèche, sans couloir et sous un cairn assez bas, parfois réunis en nombre dans une nécropole de crête.


Étymologie

Il semble que ce soit Théophile Malo Corret de La Tour d'Auvergne qui soit le premier à utiliser le terme « dolmen », dans son ouvrage Origines gauloise. Celles des plus anciens peuples de l'Europe puisées dans leur vraie source ou recherche sur la langue, l'origine et les antiquités des Celto-Bretons de l'Armorique, pour servir à l'histoire ancienne et moderne de ce peuple et à celle des Français, publié entre 1792 et 1796.

Son appellation « dolmen » est vite reprise par Pierre Jean-Baptiste Legrand d'Aussy (1737-1800) qui propose une interprétation différente de la fonction du dolmen en y voyant, non plus une table de sacrifice ou un autel comme le pensait Malo Corret, mais bien une sépulture.

Le 7 ventôse de l'an VII (25 février 1799), Legrand d'Aussy fait, à l'Institut, une lecture de son ouvrage, Des sépultures nationales, publié par la suite en 1824 et dont voici un extrait (dont l'orthographe est restituée telle quelle) :

« M. Coret, parlant d'une de ces tables que je ferai connaître bientôt, et qu'on voit à Locmariaker, dit qu'en bas-breton on l'appelle dolmin. Je saisis de nouveau cette expression, qui, comme les deux précédentes, m'est nécessaire. Dans un sujet totalement neuf, et dont par conséquent le vocabulaire n'existe pas, je suis forcé de m'en faire un; et quoique, par mon droit, je fusse autorisé à créer des mots, je préfère néanmoins d'adopter ceux que je trouve existants, surtout quand ils me donnent, comme le bas-breton, l'espoir de représenter les anciennes dénominations gauloises. J'adopte donc le mot dolmine, et je vais l'employer pour désigner les tables dont je parle. »

Le terme semblerait forgé à partir des mots bretons : t(d)aol (apparenté au latin tabula), table et men, pierre.

À noter que ce mot n'est pas un mot breton et que s'il avait été attesté dans cette langue, il aurait été écrit « taol-men », « un daol-ven » (un dolmen), « ma zaol-men » (mon dolmen). Le mot breton pour désigner un dolmen est en fait « Liah vaen », variante « Liaven » ou « lieven » et « leven » dans les composés.

Certains dictionnaires étymologiques avancent que ce terme aurait été forgé outre-manche, à partir du cornique « tolmen », qui aurait désigné à l'origine un cercle de pierres ou une pierre trouée .


Fonction

Les dolmens étaient des sépultures collectives à caractère réutilisables. Cela explique que dans certains dolmens, on ait pu découvrir les restes humains de plusieurs centaines d'individus et du mobilier de périodes différentes (Néolithique, Âge du Cuivre, du Bronze, du Fer, ou même périodes plus tardives). Un peu à l'image de nos caveaux familiaux, les dolmens pouvaient servir bien plus longtemps qu'aujourd'hui et il est sûr que certaines tombes ont dû servir des siècles.

Le terme de « sépulture collective » n'implique pas forcément qu'il s'agisse d'un tombeau pour tous : au vu de la quantité d'ossements parfois assez faible découverte dans des sépultures de grande taille — monuments prestigieux —, on se demande si certaines n'étaient pas réservées à un groupe de privilégiés de la communauté.

Quant au tumulus, il n'avait pas qu'une utilité protectrice de la chambre funéraire mais sans doute aussi une fonction de signalisation, voire d'ostentation : un grand tumulus, parementé, imposait sa masse au visiteur, devait inspirer le respect du lieu et conférer un prestige certain à la communauté qui l'avait érigé.

Par ailleurs, plusieurs trouvailles archéologiques (offrandes, autel, allées, etc.) font penser que ces monuments funéraires ont pu avoir une fonction religieuse. Même bien après la grande période d'érection des mégalithes en Europe, les peuples celtes les ont, semble-t-il, parfois utilisés à des fins religieuses, mais n'en sont pas pour autant leurs constructeurs comme l'affirmèrent les premiers chercheurs celtomanes des XVIIIe et XIXe siècles qui rattachaient systématiquement les mégalithes aux Gaulois et aux Bretons. On prétend notamment qu'ils ont été construits au croisement de lignes de forces telluriques et seraient porteurs de pouvoirs magnétiques que détectaient les druides. Cependant, rien ne permet d'affirmer une telle hypothèse


Localisation

Les zones de couleur verte (Bretagne, Vendée, Limousin, Quercy, Causses, Languedoc, Ardèche) et orange (Corse) marquent les régions de forte implantation de dolmens, menhirs et cromlechs.Les autres zones sont pourvues en monuments mégalithiques mais de façon nettement moins importanteCinquante mille dolmens ont été recensés dans le monde. Vingt mille d'entre eux se trouvent en Europe, où ils sont très nombreux dans certaines régions de France (environ 4500 dolmens disséminés dans une soixantaine de départements), surtout en Aveyron (1000 dolmens), Bretagne, Quercy avec 600 à 800 dolmens, Ardèche avec 800 dolmens dans ce seul département et le Languedoc avec au moins 600 dolmens. En France, on croit toujours que le plus grand nombre de dolmens se situe en Bretagne. Il n'en est rien car en fait le département de l'Aveyron, avec 1000 dolmens, en totalise à lui seul plus que toute la Bretagne réunie. On en retrouve une vingtaine dans le Var, dont 7 dans le village de Mons (Var).

Pour schématiser l'implantation des dolmens en France, on peut partir de l'ouest du pays avec la Bretagne puis en descendant par le Poitou pour ensuite rejoindre plus au sud les causses du Quercy et de l'Aveyron et enfin arriver en bord de mer Méditerranée au Languedoc (voir carte).

On en trouve aussi en Irlande, au Pays de Galles avec notamment les « portal dolmens », dans les comtés anglais du Devon et de Cornouailles, au Portugal avec les sites spectaculaires du Haut-Alentejo près de la ville d'Evora, dans le sud de l'Espagne avec les sites remarquables d'Antequera qui compte parmi les dolmens les plus imposants au monde, en Belgique (les Mégalithes du domaine de Wéris près de Durbuy), en Scandinavie, en Allemagne du Nord et aux Pays-Bas (appelés "hunebed" ou "hunegraf"), aussi bien qu'en Afrique du Nord, en Inde et plus modestement en Syrie, en Éthiopie et en Crimée (Russie).

La Corée recèle à elle seule 30 000 dolmens, de différents types, élevés sur tout le Ier millénaire av. J.-C., et selon des techniques évolutives. On en trouve également au Japon mais de période beaucoup plus récente. Les dolmens sont absents des continents américain et australien
.

Le dolmen dans le folklore

En Bretagne

Dans les croyances populaires bretonnes, les dolmens s'ouvrent durant la nuit de Noël afin de révéler les trésors dont ils sont les gardiens.


A l'époque contemporaine

Les spéculations de la radiesthésie et de la géobiologie sur le rôle des dolmens et des menhirs dans le captage et la restitution d'ondes liées aux champs magnétiques et courants d'eau souterrains peuvent être considérées comme des manifestations d'un folklore parascientifique contemporain
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# Posté le mardi 03 juin 2008 17:47

Modifié le mercredi 04 juin 2008 06:01

Faun

Faun est un groupe de musique allemand de style pagan folk/médiéval formé en 1998. Leur musique se distingue par l'utilisation d'instruments anciens et une présence importante du chant. Elle est parfois teinté d'un soupçon de sons électroniques. Parmi les instruments qu'ils utilisent on trouve la harpe celtique, le schluesselfiedel suédois, la vielle, des cornemuses, la cithare, divers flûtes et beaucoup d'autres.

Biographie

Le groupe a été fondé en 1998 par Oliver Sa Tyr, Lisa Pawelke, Fiona Rüggeberg et Birgit Muggenthaler. Deux ans plus tard, Rüdiger Maul a rejoint le groupe en tant que percussionniste. Au même moment, Birgit quitte le groupe pour continuer sa carrière musicale abec le groupe de folk-rock Schandmaul. En 2002, ils sortent leur premier album Zaubersprüche. Niel Mitra était un invité sur cet album. Il est ensuite devenu un membre à part entière du groupe, le seul qui joue d'instruments électroniques.


Membres

Oliver Sa Tyr - chant, bouzouki, nyckelharpa, harpe celtique, guimbarde
Lisa Pawelke - chant principal, vielle
Fiona Rüggeberg - chant, flûtes, cornemuses, seljefloit
Rüdiger Maul - tar, riq, davul, panriqello, darabukka, timba, gaxixi et beaucoup d'autres instruments à percussion
Niel Mitra - sequencer, sampler, synthétiseur, Fl studio, Buzz, Logic Audio, tascam us 224, boss dr 202, Korg Alpha, granular synthesis, folder synthesis, feedbacks, sons provenant de la nature et de la vie de tous les jours


Ancien membre

Birgit Muggenthaler (1998-2000) - flûtes, cornemuses, chalémie, chant

Discographie

Zaubersprüche (2002)
Licht (2003)
Lichtbilder (DVD, 2004)
Renaissance (2005)
Totem (2007)
Ornament (DVD, 2007)

# Posté le mardi 03 juin 2008 17:35

Pain

Same old Song

# Posté le mardi 03 juin 2008 17:27